Le Maroc s’est classé 43e au niveau mondial dans l’Indice national de cybersécurité (NCSI), avec un score de 79,17 points, selon les dernières données publiées par le NCSI. Ce classement place le Maroc parmi les pays disposant de capacités nationales de cybersécurité relativement solides et met en évidence les progrès réalisés dans des domaines tels que les politiques de cybersécurité, la recherche et le développement, la formation professionnelle et la résilience numérique.
Cette évaluation intervient alors que le Maroc poursuit le développement de son économie numérique et renforce la protection des systèmes gouvernementaux, des entreprises et des infrastructures critiques. La cybersécurité occupe une place croissante dans la stratégie de transformation numérique du pays, notamment avec l’essor des services numériques publics, de l’informatique en nuage, de la connectivité 5G et des technologies connectées.
Pourquoi le classement du Maroc en matière de cybersécurité attire-t-il l’attention ?
La 43e place du Maroc fournit une mesure internationale de la capacité institutionnelle du pays à faire face aux risques cybernétiques. Le NCSI évalue les pays sur la base d’indicateurs liés aux capacités nationales de cybersécurité, plutôt que de se limiter au nombre d’incidents informatiques enregistrés.
Les dernières données du NCSI attribuent au Maroc un score global de 79,17 %. L’indice prend également en compte la position du pays dans d’autres évaluations internationales liées au numérique, notamment la cybersécurité, le développement de l’administration électronique et la préparation aux réseaux.
Ce classement est important car la cybersécurité est désormais étroitement liée à la compétitivité économique, à la fiabilité des services publics et à la résilience nationale. Les pays disposant de cadres de cybersécurité solides sont généralement mieux préparés à gérer les risques susceptibles d’affecter les institutions publiques, les systèmes financiers, les réseaux de télécommunications et d’autres services essentiels.
Que mesure l’Indice national de cybersécurité ?
L’Indice national de cybersécurité vise à évaluer la capacité des pays à prévenir les cybermenaces et à y répondre grâce à des indicateurs nationaux mesurables. Son cadre examine notamment les politiques de cybersécurité, la coopération internationale, l’éducation et la formation professionnelle, la recherche et le développement, la protection des infrastructures critiques, la gestion des crises et les capacités des services répressifs.
L’évaluation du Maroc fait apparaître de solides performances dans plusieurs domaines stratégiques. Sa catégorie consacrée à la politique de cybersécurité atteint 80 %, tandis que la recherche et le développement en cybersécurité obtiennent 100 %. L’éducation et la formation professionnelle atteignent 60 %, ce qui montre l’existence de capacités établies, mais également des possibilités de développement supplémentaires.
Ces résultats montrent que la position du Maroc repose sur une combinaison de politiques publiques, de structures institutionnelles et d’investissements dans l’expertise en cybersécurité, plutôt que sur une seule initiative.
Comment le Maroc a-t-il renforcé ses institutions de cybersécurité ?
Un élément central du dispositif marocain de cybersécurité est la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI). Le NCSI identifie la DGSSI comme l’autorité nationale chargée de la cybersécurité dans le cadre juridique établi par la législation marocaine en la matière.
La direction a été créée par décret en 2011 et relève de l’administration de la défense nationale. Ses responsabilités comprennent notamment l’accompagnement de la politique nationale de cybersécurité et le renforcement de la sécurité des systèmes d’information.
Le Maroc a également développé un cadre réglementaire plus large autour de la cybersécurité, alors que les services numériques prennent une place croissante dans l’économie. Ces mesures concernent de plus en plus les organisations qui traitent des informations sensibles, exploitent des infrastructures numériques ou fournissent des services essentiels.
Quel rôle jouent l’éducation et la recherche dans la stratégie marocaine de cybersécurité ?
Les compétences et la recherche en cybersécurité sont devenues des composantes essentielles des efforts déployés par le Maroc pour renforcer sa résilience numérique à long terme. L’évaluation du NCSI attribue au pays un score de 100 % en matière de recherche et développement dans le domaine de la cybersécurité, contre 60 % pour l’éducation et la formation professionnelle.
Cette distinction est importante, car les cybermenaces évoluent rapidement. Les gouvernements et les entreprises doivent donc disposer de professionnels qualifiés et maintenir une expertise technique adaptée aux nouvelles menaces.
La stratégie de transformation numérique du Maroc accorde également une importance croissante au développement des capacités technologiques nationales. En juillet 2026, la ministre de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, a déclaré que la cybersécurité constituait un pilier de la souveraineté numérique et qu’elle était essentielle pour maintenir la confiance dans la transformation numérique. Elle a notamment évoqué les efforts portant sur les infrastructures numériques souveraines, la réglementation du cloud, le déploiement de la 5G et le développement des compétences.
Que signifie ce classement pour les entreprises marocaines ?
Pour les entreprises marocaines, le renforcement des institutions nationales de cybersécurité peut contribuer à créer un environnement plus sûr pour le commerce numérique, l’adoption du cloud et les services en ligne. Toutefois, un classement national élevé ne signifie pas automatiquement que chaque organisation possède un niveau élevé de maturité en matière de cybersécurité.
La distinction entre les capacités nationales et la sécurité de chaque organisation reste donc essentielle. Les entreprises doivent continuer à mettre en place des contrôles d’accès efficaces, à former leurs employés, à gérer les vulnérabilités, à élaborer des procédures de réponse aux incidents et à effectuer régulièrement des tests de sécurité.
Le baromètre AUSIMètre 2026 sur la cybersécurité illustre également l’attention croissante accordée à la maturité cyber des organisations marocaines. L’initiative, organisée par l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc en partenariat avec PwC, a réuni des représentants institutionnels et des spécialistes de la cybersécurité afin d’examiner l’évolution de l’environnement cybernétique du pays.
Comment le Maroc se compare-t-il aux autres pays ?
La position du Maroc le place dans la partie supérieure du classement actuel du NCSI. Le tableau de classement attribue au pays un score de 79,17 points, tandis que les pays voisins et comparables occupent des positions différentes selon leurs cadres de cybersécurité et les éléments de preuve fournis à l’indice.
Le classement doit néanmoins être interprété avec prudence. Les indices internationaux de cybersécurité utilisent des méthodologies différentes et peuvent donc produire des résultats sensiblement différents. Le NCSI se concentre sur la préparation nationale et les mesures institutionnelles en matière de cybersécurité, tandis que l’Indice mondial de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications repose sur son propre cadre d’évaluation des engagements et des capacités des pays.
La 43e place du Maroc dans le NCSI doit ainsi être considérée comme un indicateur du développement national de la cybersécurité, et non comme une mesure définitive de l’ensemble des risques cyber auxquels le pays est confronté.
Quels sont les principaux défis qui restent à relever pour le Maroc ?
Malgré sa position relativement solide, l’évaluation du NCSI met en évidence plusieurs domaines dans lesquels le Maroc peut encore progresser. L’éducation et la formation professionnelle restent en dessous des catégories les plus performantes du pays, tandis que certains indicateurs liés à la coopération internationale et à d’autres capacités stratégiques n’atteignent pas les mêmes niveaux que les politiques publiques ou la recherche et le développement.
L’expansion rapide des infrastructures numériques crée également de nouveaux défis. L’utilisation croissante du cloud computing, des appareils connectés, des réseaux 5G et des services publics numériques augmente le nombre de systèmes devant être protégés.
Les décideurs marocains doivent donc veiller à ce que les mesures de cybersécurité progressent au même rythme que la transformation numérique. Cela passe notamment par le développement des compétences techniques, le renforcement de la coopération entre les secteurs public et privé et l’adaptation permanente des cadres réglementaires à l’évolution des technologies.
Quelle sera la prochaine étape pour la stratégie marocaine de cybersécurité ?
Le Maroc devrait continuer à associer la cybersécurité à sa politique plus large de transformation numérique et de développement technologique. Les responsables gouvernementaux ont déjà souligné l’importance de la cybersécurité, de la souveraineté numérique et de la résilience dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Digital Morocco 2030.
La 43e place obtenue dans l’Indice national de cybersécurité démontre que le Maroc dispose de capacités nationales importantes, notamment dans les domaines des politiques publiques et de la recherche. Dans le même temps, l’évaluation rappelle que la cybersécurité constitue un processus continu et non un objectif définitif.
De nouveaux investissements dans les compétences, la protection des infrastructures critiques, la préparation des organisations et la coopération internationale pourraient déterminer la capacité du Maroc à améliorer son classement lors des prochaines évaluations. Pour les entreprises, les institutions publiques et les utilisateurs des technologies numériques, l’évolution de cette stratégie mérite donc d’être suivie attentivement. La capacité du pays à transformer ses politiques nationales en mesures de protection concrètes à l’échelle de son écosystème numérique sera déterminante pour préserver et renforcer sa résilience face aux cybermenaces.