Les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) ont lancé vendredi 2 janvier 2026 un processus transitoire de deux ans visant l’indépendance du sud du Yémen, après avoir conquis les provinces de Hadramout et Mahra. Soutenus par les Émirats arabes unis, ils affrontent les tensions avec le gouvernement yéménite appuyé par l’Arabie saoudite, dans un contexte de guerre civile persistante contre les Houthis.
Le président du STC, Aïdarous al-Zoubaidi, a déclaré à Aden le début d’une phase de deux ans pour restaurer un État indépendant dans le sud du Yémen, ancien territoire de la République démocratique populaire du Yémen de 1967 à 1990. Selon La Croix avec AFP, cette annonce intervient après la prise de contrôle de vastes zones, dont les provinces pétrolières de Hadramout et Mahra début décembre, provoquant une offensive saoudienne contre les forces du STC.
Avancée rapide des séparatistes dans l’est du Yémen
Les forces du Conseil de transition du sud se sont emparées depuis début décembre de l’ensemble du territoire correspondant à l’ancienne République populaire du sud, incluant les provinces de Hadramout et Al-Mahra, riches en pétrole et frontalières de l’Arabie saoudite et d’Oman, selon Le Monde. Cette offensive éclair a permis au STC de contrôler 600 kilomètres de frontière avec l’Arabie saoudite et des sites pétroliers stratégiques, bouleversant la carte politique du pays en pleine guerre contre les rebelles houthis.
According to La Croix avec AFP, Aïdarous al-Zoubaidi a affirmé : « Partant du désir et de la volonté de notre peuple du Sud de restaurer et proclamer son État (…) nous annonçons l’entrée dans une phase transitoire d’une durée de deux ans ». Le STC, coalition de groupes aspirant à un État sudiste, intègre le gouvernement reconnu internationalement mais reste en conflit avec ses alliés au pouvoir.
Contexte historique et tensions au sein de la coalition gouvernementale
Formé en 2017, le Conseil de transition du sud, dirigé par Aïdarous al-Zoubaidi, vice-président du gouvernement exécutif yéménite, gouverne de facto Aden, principale ville du sud, rapporte France 24. Les séparatistes visent à rétablir un État indépendant sur les bases de l’ancienne République démocratique et populaire du Yémen, existant de 1967 à 1990, avant la réunification, et se distancient de l’identité yéménite unifiée.
Résistances locales et rôle des puissances régionales
Dans l’Hadramout, de nombreuses tribus refusent l’intégration forcée dans un projet sudiste et réclament une autonomie régionale au sein d’un Yémen unifié, tout en maintenant des liens étroits avec l’Arabie saoudite, selon France 24 citant Franck Mermier. Des manifestations à Aden ont vu des centaines de personnes brandir le drapeau sud-yéménite aux côtés de celui des Émirats arabes unis, soutiens du STC, appelant à la reconnaissance internationale d’un État sudiste indépendant.
Le gouvernement de coalition, mis en place en 2022 par l’Arabie saoudite, réunit des forces hétéroclites opposées aux Houthis qui contrôlent Sanaa depuis 2014, précisent Le Monde et RFI. L’avancée du STC a forcé le gouvernement à quitter Aden temporairement, fragilisant l’équilibre précaire au sud.
Accords temporaires et pressions internationales
Le 1er janvier 2026, le STC a annoncé accepter le déploiement de forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite dans Hadramout et Mahra, transférant certaines localités aux forces du Bouclier national, selon RFI et Le Monde. Dans un communiqué, le STC a déclaré : « Nous avons lancé aujourd’hui une opération visant à associer les forces sudistes du Bouclier national afin qu’ils assument les responsabilités et les missions qui incombent à nos forces armées ».
L’Arabie saoudite, principal soutien du gouvernement yéménite, a mené des frappes aériennes contre les positions du STC et exhorté à un retrait des territoires conquis, rapporte Le Monde. Aïdarous al-Zoubaidi a appelé la communauté internationale à parrainer un dialogue yéménite et un référendum sur l’autodétermination, avertissant que la déclaration constitutionnelle sudiste entrerait en vigueur immédiatement en cas d’agressions militaires, selon La Croix avec AFP. Il a ajouté : « préserver le droit légitime du Sud, et éviter au Nord et à la région le coût de nouveaux conflits ».
Reporting by AFP for La Croix states que cette phase transitoire vise à organiser un référendum, mais al-Zoubaidi a prévenu contre un échec des discussions. France 24 note que l’indépendance sudiste affaiblirait gravement le gouvernement actuel et sa stratégie face aux Houthis soutenus par l’Iran.
Les affrontements récents entre factions du STC et forces gouvernementales à Hadramout, incluant une opération lancée par le gouverneur local pour reprendre des bases militaires, alimentent les craintes d’un nouvel éclatement de la guerre civile, selon France 24. Malgré l’accord du 1er janvier, les tensions persistent, avec le STC affirmant poursuivre ses opérations tout en associant d’autres forces.
Les développements rapportés soulignent une escalade dans le sud du Yémen, où le STC contrôle désormais des zones stratégiques après son offensive de décembre, tout en négociant sous pression saoudienne pour éviter une confrontation ouverte au sein de la coalition anti-houthis.