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Téhéran rejette proposition de médiation de Bagdad pour négociations nucléaires Iran-États-Unis

Tehran rejects Baghdad's offer to mediate Iran-US nuclear negotiations

Téhéran a rejeté l’offre de médiation de Bagdad dans les discussions nucléaires avec Washington, au milieu de tensions persistantes après des frappes militaires et des cycles de négociations avortés en 2025. Les pourparlers, médiés initialement par Oman, ont échoué face à des divergences sur l’enrichissement d’uranium, menant à des attaques sur des sites iraniens et des menaces renouvelées de Donald Trump.

Le gouvernement iranien a formellement écarté mardi une proposition d’intervention de l’Irak pour relancer les négociations sur son programme nucléaire avec les États-Unis, préférant des canaux directs limités à cette question, selon des déclarations officielles rapportées par des sources diplomatiques. Cette décision intervient six mois après une guerre de 12 jours en juin 2025, durant laquelle les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires majeurs en Iran, à Fordo, Natanz et Ispahan.

Échec des cycles de négociations sous médiation omanie

Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, lancées en avril 2025 sous l’égide d’Oman, ont connu plusieurs cycles à Rome et Mascate, impliquant des discussions indirectes entre Steve Witkoff pour Washington et Abbas Araghtchi pour Téhéran, selon Wikipédia. Le premier cycle s’est tenu le 12 avril à Rome, suivi d’un deuxième le 19 avril et d’un troisième à Mascate une semaine plus tard, avec des experts comme Michael Anton et Majid Takht-Ravanchi.

Le quatrième cycle, prévu le 3 mai à Rome, a été reporté par Oman en raison du soutien iranien aux Houthis au Yémen et de nouvelles sanctions pétrolières américaines, d’après les mêmes sources. Oman a annoncé ce report jeudi, soulignant les répercussions régionales des actions iraniennes.

Comme rapporté par l’Ifri, Donald Trump avait initié le processus par une lettre à l’ayatollah Ali Khamenei en mars 2025, proposant un accord en deux mois, mais Khamenei l’a rejetée. Steve Witkoff a d’abord évoqué un enrichissement limité à 3,67 %, avant d’exiger un démantèlement total du programme nucléaire iranien.

Contexte historique et positions des parties

L’Iran maintient ses lignes rouges, insistant sur un programme d’enrichissement sur son sol et excluant les missiles balistiques des discussions, selon l’analyse de l’Ifri. Téhéran, signataire du Traité sur la non-prolifération (TNP), refuse de capituler face aux exigences américaines qualifiées d’inacceptables par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Donald Trump a déclaré en mars 2025 ne pas tolérer une capacité d’armement nucléaire iranienne, affirmant que toutes les options, y compris militaires, restaient sur la table, d’après Wikipédia. Son administration a relancé une campagne de pression maximale, critiquant l’accord de 2015 (JCPOA) pour ses restrictions limitées et son silence sur les missiles et proxies iraniens, selon la FRS.

Élection de Pezeshkian et opportunité manquée

L’élection du président modéré Massoud Pezeshkian en juillet 2024 avait créé un contexte favorable, avec sa promesse de relancer l’économie via des négociations directes avec Washington, rapporte l’Ifri. Malgré cela, les pourparlers ont capoté en raison de la personnalisation du processus et des fantômes historiques depuis 1979.

En août 2025, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont activé le mécanisme snapback pour rétablir des sanctions via l’ONU, exigeant de Téhéran la reprise des négociations avec les États-Unis, des inspections de l’AIEA et des précisions sur 400 kilos d’uranium enrichi à 60 %, selon l’IRIS.

Frappes militaires et menaces actuelles

Une attaque militaire israélienne le 13 juin 2025 a interrompu les négociations, suivie d’un soutien américain les 21-22 juin contre les sites nucléaires iraniens, confirmant l’impossibilité d’un deal selon la FRS. Donald Trump a affirmé que le programme nucléaire était anéanti, une déclaration non confirmée par Téhéran, rapporte l’Agence Anadolu (AA).

Le 29 décembre 2025, lors d’une conférence de presse en Floride aux côtés de Benjamin Netanyahu, Donald Trump a averti que tout réarmement iranien serait éliminé, déclarant : « J’espère qu’ils n’essaient pas de reconstruire parce que si c’est le cas, nous n’aurons d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement », selon Le Figaro. Il a ajouté avoir entendu que Téhéran cherchait à développer des missiles balistiques et souhaitait négocier.

Le président iranien a promis une riposte sévère à toute agression, en réponse à ces menaces, d’après l’Agence Anadolu. L’Iran assure que les contacts en cours avec les États-Unis se limitent à la question nucléaire, selon Xinhua.

Des sénateurs républicains plaident pour un accord incluant l’achat d’uranium iranien et de nouveaux protocoles AIEA, via l’article 123 de la loi américaine sur l’énergie atomique, rapporte Wikipédia. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont suspendu pour six mois la procédure snapback en échange de concessions iraniennes, mais les tensions persistent.

En rejetant la médiation irakienne de Bagdad, Téhéran privilégie des échanges directs avec Washington sur le nucléaire, tandis que les États-Unis maintiennent leurs menaces militaires et les alliés européens exercent une pression via des sanctions potentielles.

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