Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rencontre Donald Trump à Miami le 29 décembre 2025, au milieu de divisions croissantes au sein du mouvement MAGA sur le soutien américain à Israël, alimentées par la guerre à Gaza et des débats isolationnistes.
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, est attendu à Miami en Floride ce lundi 29 décembre pour s’entretenir avec Donald Trump, président américain réélu, sur des enjeux majeurs comme Gaza, l’Iran, la Syrie et le Liban, selon Le Monde.
La rencontre Netanyahu-Trump au cœur des tensions
La visite de Benjamin Netanyahu à Donald Trump intervient dans un contexte de soutien américain historique à Israël, mais aussi de critiques croissantes au sein du mouvement MAGA, selon Le Monde. Les discussions porteront sur la bande de Gaza, où la réputation d’Israël a été entamée par des accusations de crimes de guerre, et sur la menace iranienne, principale préoccupation de Netanyahu face aux programmes nucléaires et balistiques de Téhéran.
Comme rapporté par Clara Marchaud pour Le Monde, Steve Bannon, ancien conseiller de Trump et idéologue MAGA, a distingué lors de la conférence AmericaFest à Phoenix du 18 au 21 décembre « Israël d’abord » de « l’Amérique d’abord », principe fondateur du trumpisme, en déclarant : « Israël a besoin de sa souveraineté. Si Israël veut s’attaquer à la Syrie, qu’il le fasse. S’il veut entrer au Liban, qu’il le fasse, mais qu’il n’entraîne pas les États-Unis dans une guerre sans fin. »
Divisions internes au mouvement MAGA sur Israël
Le mouvement MAGA, unifié après la réélection de Donald Trump en novembre 2024, montre des signes de fracture sur la question israélienne, selon l’Institute for National Security Studies (INSS). Ce débat oppose isolationnistes prônant « l’Amérique d’abord » à ceux focalisés sur les ennemis islamistes communs, alimenté par le soutien diplomatique et militaire inconditionnel des États-Unis à Israël depuis des décennies.
Critiques de figures proéminentes et sondages révélateurs
Marjorie Taylor Greene, représentante républicaine de Géorgie, a posté sur X que l’attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas était « horrible » et que tous les otages doivent être libérés, mais que le « génocide, la crise humanitaire et la famine à Gaza » le sont aussi, selon El País. Un sondage du Manhattan Institute indique que 17 % des républicains sont « anti-juifs », typiquement plus jeunes, masculins et diplômés de l’université.
Contexte historique et réactions des acteurs clés
Charlie Kirk, fondateur de Turning Point USA assassiné en septembre 2025, avait interrogé ses followers sur une implication américaine dans la campagne militaire israélienne contre l’Iran lancée en juin, et écrit à Benjamin Netanyahu qu’il perdait la « guerre de l’information » auprès de la jeunesse américaine, y compris conservatrice, selon El País. Avant sa mort, Kirk listait des questions récurrentes comme « Pourquoi l’Amérique subventionne-t-elle le génocide israélien contre les Palestiniens ? » ou « Pourquoi Israël pratique-t-il un nettoyage ethnique ? »
Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation, a provoqué un tollé en octobre 2025 avec une déclaration sur Israël et l’antisémitisme à droite, exposant les clivages entre populistes comme Tucker Carlson, Steve Bannon et Marjorie Taylor Greene, opposés à la « relation spéciale » avec Israël incompatible avec « l’Amérique d’abord », et pro-israéliens comme Ted Cruz, selon Politico. La Heritage Foundation a publié en mars un rapport appelant à transformer cette relation en « partenariat stratégique ».
Selon le Chicago Council on Global Affairs, 47 % des républicains estiment que les États-Unis maintiennent l’équilibre juste dans leur soutien à Israël, mais les non-MAGA sont plus critiques : 21 % jugent ce soutien excessif contre 16 % des MAGA pensant qu’il est insuffisant en aide militaire.
Implications pour la politique républicaine et les relations israélo-américaines
L’INSS recommande à Israël de collaborer avec Donald Trump pour contenir l’antisémitisme et l’anti-israélisme dans le MAGA, et de négocier un nouveau mémorandum d’entente réduisant progressivement l’aide financière américaine tout en renforçant le partenariat sécuritaire réciproque. Israël doit aussi restaurer un soutien bipartisan, car son appui républicain n’est plus acquis.
Le mouvement MAGA se trouve à un carrefour existentiel, avec des débats sur la plateforme de figures anti-israéliennes dans les médias de droite, touchant la nature même du trumpisme et l’avenir du Parti républicain, selon l’INSS. Des événements comme AmericaFest ont mis en lumière ces dissensions, avec Bannon insistant sur l’indépendance d’Israël sans impliquer les États-Unis.
La rencontre entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump à Miami cristallise les tensions au sein du mouvement MAGA sur le soutien à Israël, opposant isolationnisme et alliance stratégique, tandis que Gaza, l’Iran et les divisions internes dominent les débats rapportés par Le Monde, El País, Politico et l’INSS.