Le lac Sevan, principale réserve d’eau douce d’Arménie, voit son niveau chuter de manière alarmante en raison d’une surexploitation pour l’irrigation et l’énergie, malgré des efforts de stabilisation via des transferts d’eau. Cette situation met en péril l’écosystème, l’agriculture et l’économie du pays, avec des projets comme le réservoir de Vedi visant à réduire la pression sur le lac.
En Arménie, le lac Sevan situé dans la région de Gegharkunik subit une baisse marquée de son niveau d’eau due à des prélèvements excessifs pour l’irrigation agricole et la production hydroélectrique. Selon des rapports récents, cette surexploitation menace l’équilibre écologique du lac, principal réservoir d’eau douce du pays à plus de 1900 mètres d’altitude. Les autorités arméniennes discutent de programmes pour une gestion plus efficace des ressources hydriques.
Surexploitation du lac Sevan et ses causes immédiates
Le lac Sevan, étendu sur plus de 1200 kilomètres carrés, est confronté à une exploitation intensive qui entraîne une diminution rapide de son niveau. Selon defishumanitaires.com, le lac est surexploité, menaçant son équilibre écologique et provoquant des conséquences économiques à long terme. Les prélèvements directs servent principalement à alimenter des systèmes d’irrigation obsolètes dans des zones comme la plaine d’Ararat.
Les infrastructures d’irrigation, datant de l’ère soviétique, causent d’importantes pertes d’eau et dépendent de pompages énergivores. Defishumanitaires.com rapporte que l’efficience de l’irrigation en Arménie n’atteint que 25 pour cent selon la Banque Mondiale, contre 75 à 80 pour cent dans les systèmes modernes, alourdissant les finances publiques par des subventions massives à l’agriculture.
Contexte historique et mesures de stabilisation en cours
Historiquement, le niveau du lac Sevan a baissé de 13 mètres sous l’ère stalinienne pour alimenter des centrales hydroélectriques, comme indiqué sur Wikipédia. Ce n’est qu’à partir des années 1960, sous Nikita Khrouchtchev, que des mesures de sauvegarde ont été ordonnées, permettant une remontée lente d’un mètre entre 2000 et 2020. Une loi arménienne interdit que le niveau descende sous les 1900 mètres d’altitude par rapport à la mer.
Des efforts récents incluent des transferts d’eau via l’aqueduc souterrain Arpa-Sevan. Le site courrier.am précise que depuis le début de l’année, 176,2 millions de mètres cubes d’eau ont été transférés au lac, permettant de maintenir voire d’augmenter légèrement son niveau. Armenpress.am rapporte des discussions sur les niveaux de remplissage des réservoirs et les prélèvements depuis le lac Sevan.
Projets d’infrastructures pour soulager la pression
Pour réduire la dépendance au lac Sevan, l’Agence Française de Développement soutient la construction du réservoir de Vedi, la plus grande infrastructure hydrique depuis l’époque soviétique, selon defishumanitaires.com. Ce réservoir stockera jusqu’à 29 millions de mètres cubes d’eau, assurant l’irrigation de la plaine d’Ararat pendant la saison sèche et protégeant les récoltes agricoles. Un programme d’appui à l’agriculture irriguée complète ce projet pour une gestion plus durable de l’eau.
Leçons d’autres lacs régionaux et menaces climatiques
Le cas du lac d’Ourmia en Iran, quatre fois plus grand que le Sevan et désormais asséché, sert d’avertissement, comme le rapporte courrier.am. Séparés de 250 kilomètres, ces lacs partagent des conditions climatiques similaires et représentent des réservoirs précieux pour l’agriculture, la biodiversité et le tourisme. L’assèchement rapide du lac d’Ourmia depuis les années 2000 souligne la fragilité des étendues d’eau en Arménie antique, incluant aussi le lac de Van.
En Arménie, les autorités et le public surveillent étroitement le lac Sevan, avec une attention accrue depuis la période soviétique. Courrier.am note que le réchauffement climatique accentue les pressions par des étés plus chauds et des précipitations hivernales réduites, rendant cruciale une gestion vigilante pour éviter des catastrophes écologiques potentielles.
Les développements rapportés indiquent une stabilisation partielle du niveau du lac Sevan grâce à des transferts d’eau et des projets comme le réservoir de Vedi, tout en soulignant la nécessité d’une modernisation des infrastructures d’irrigation pour préserver cette ressource vitale.